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Elsa Leydier

artiste

Elsa Leydier (1988, France) vit et travaille à Rio de Janeiro (Brésil). Elle a remporté le Prix de la Maison Ruinart Paris Photo 2019 et est lauréate du Prix Dior de la Photographie pour Jeunes Talents 2019. Au Brésil où elle s’est installée en 2015, la jeune artiste détourne la charge politique d’images iconiques. Dans Plátanos con platino et dans Braços verdes e olho cheios de asas, l’artiste modifie les couleurs de ses photographies réalisées en Amérique latine pour produire une image « pop » et lumineuse, faisant remonter à sa surface la richesse de la biodiversité. Par une esthétique qui emprunte ses codes au luxe, Elsa Leydier revalorise un territoire et des habitants livrés à la spéculation foncière. Elle rejoint l’émerveillement du poète Garcia Marquez qui écrit en 1954 quand il découvre cette région :  « Si quelqu’un avait eu l’idée de semer un bananier, les fruits auraient poussé chargés de pépites de platine.»  Avec Les Echappées, Elsa Leydier réécrit, par la poésie, des cartes socio-économiques. De ces cartes, dont elle efface les mentions chiffrées et la légende, elle ne retient que des tâches rouge sang, l’empreinte des maux recensés (esclavage moderne, assassinats d’indiens…). Son projet le plus récent, Brazil Error System (Eleñao), prend la forme de caissons lumineux en bois et verre imitant un téléphone mobile. Ce sont des témoins silencieux de la campagne présidentielle 2.0 menée par Jair Bolsonaro, actuel président du Brésil, dans le vacarme des réseaux sociaux. Fin 2018, pendant la campagne présidentielle, Elsa Leydier tape le mot « Brésil » dans un moteur de recherche. Elle obtient une série d’images « clichés » d’un Brésil allègre. En insérant le texte des invectives prononcées par le candidat Bolsonaro dans le code texte de chacune des images, l’artiste modifie l’ADN numérique de « la belle image » et créée un bug visuel (technique du glitching). Mais est-ce vraiment l’artiste qui abîme l’image du Brésil?


Elsa Leydier (1988, France) lives and works in Rio de Janeiro (Brazil). She won the Prix Ruinart Paris Photo 2019 and is the winner of the Dior Prize for Photography for Young Talents 2019. In Brazil, where she moved in 2015, the young artist diverts the political charge of iconic images. In Plátanos con platino and Braços verdes e olho cheios de asas, the artist modifies the colors of his photographs made in Latin America to produce a "pop" and luminous image, bringing to its surface the richness of biodiversity. By an aesthetic that borrows its codes to luxury, Elsa Leydier revalorizes a territory and inhabitants delivered to land speculation. She joins the wonder of the poet Garcia Marquez who wrote in 1954 when he discovered this region: "If someone had the idea to sow a banana tree, the fruits would have grown loaded with platinum nuggets." With Les Echappées, Elsa Leydier rewrites, through poetry, socio-economic maps. Of these cards, of which it erases the numerical mentions and the legend, it retains only tasks red blood, the imprint of evils recorded (modern slavery, assassinations of Indians ...). His most recent project, Brazil Error System (Eleñao), takes the form of light boxes in wood and glass imitating a mobile phone. They are silent witnesses of the presidential campaign 2.0 led by Jair Bolsonaro, current president of Brazil, in the din of social networks. At the end of 2018, during the presidential campaign, Elsa Leydier types the word "Brazil" into a search engine. She gets a series of "clichés" images of a brave Brazil. By inserting the text of the invectives pronounced by the candidate Bolsonaro in the text code of each of the images, the artist modifies the digital DNA of the "beautiful image" and creates a visual bug (glitching technique). But is it really the artist who damages the image of Brazil?