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Post

Marta Zgierska

15 septembre
— 4 novembre
2017

En 2013, j’ai survécu à un grave accident de la route. J’ai frôlé la mort et la réalité - à laquelle je m’étais adaptée avec difficulté - m’a glissé entre les doigts. Ce malheur en a provoqué d’autres : opérations chirurgicales, des mois d’immobilisme, une rupture, et le retour de l’anxiété et de la névrose. Peu avant l’accident, dans la maison de famille, j’étais tombé sur une appréciation écrite de mon institutrice du primaire lorsque j’avais sept ans. Elève modèle, je le suis encore dans ma vie d’adulte. Cependant, malgré l’avis général, mes failles, la honte et l’anxiété, fourmillent toujours en moi. J’ai fait les premières images comme une une incantation artistique à la peur. L’accident a marqué un stop dans ce travail. Mon esprit se remplissait de souvenirs parcellaires et de détails précis. Mon état physique et ma douleur ont donné vie à des images qui devenaient plus substantielles à mesure que le temps passait. « Post » est un projet sur le trauma, gelé dans un gris morbide, dans le silence et la tension. Chacun peut trouver ici ses propres morsures - rêves épuisants, peurs, obsessions, une façon de découvrir un traumatisme jumeau chez une autre personne. « Post » est une tentative de contact intime avec une non-expérience passée.
In 2013, I survived a serious car accident. I was close to death, and reality – one that I had been adapting to with difficulty – slipped through my fingers. This misfortune brought about another: surgeries, months of physical limitations, a breakup, and the return and aggravation of anxiety neurosis. Not long before the accident, I had found in my family home a teacher's descriptive feedback from the time I was a seven-year-old, exemplary student. I am still one in my adult life. However, despite the opinion of others, my limitations, shame and anxiety are still teeming inside me. I started taking the first photographs as a way of incantation of fear in an aesthetic image. The accident brought my work to a halt. My mind was filling up with fragmentary memories, and sharp, detached details. My own physicality and pain became a source of images that felt more and more substantial and bodily as time passed. “Post” is a project about trauma, frozen in dead greyness, silence and tension. Everyone can find their own punctures here – exhausting dreams, fears, obsessions. An individual way of discovering a twin traumatic memory in another person, “Post” is an attempt at intimate contact which closes the past non-experience in the present.